La pluie par la fenêtre n’y voyait pas grand-chose

par myel

Faut pas non plus vous faire trop d’illusions. Quand je dis qu’on travaille dans un laboratoire c’est pas qu’une question d’alambic, d’alchimie ou d’al… Allez savoir. Le laboratoire c’est juste un mur blanc, le mur que j’avais rêvé d’inventer un jour de mes seize ans, celui où tout s’exprimerait sans supplice, sans artifice, en fait sans technique aucune juste à la pensée.

Je ne suis ni ingénieuse ni en avance sur mon amie la science, un tel lieu ne peut exister. L’idée me plaisait beaucoup mais déçue, elle sauta du bord du précipice au fond d’un ravin ; c’était parfait je l’ai mise en abîme et je m’applique à faire vivre par l’écriture et tout ce qui veut s’y greffer l’invention ci-renommée le laboratoire.

J’y multiplie les expériences, un simple mur n’y suffisant plus trois autres apparaissent, et se meublent des idées pas fixées ; ça ressemble au joli bazar d’un architecte sous l’emprise de l’hypnose d’un scientifique mal endormi. Les mots sont maîtres de mon antre, à la fois créateurs et interprètes des rêves. Mais les murs blancs sont, eux, couverts d’images mobiles. Qui se moquent du silence.